Bruno Nicolini dit Bénabar est né le 16 juin 1969 et grandit en banlieue parisienne. A huit ans, il se met à la trompette moins pour la musique que pour se rapprocher de l'univers du cirque qu'il affectionne particulièrement. Une fois le bac en poche puis un petit tour aux US pour améliorer son anglais, Bénabar se lance dans la photo et le ciné puis réalise au cours des dix ans qui suivent, trois courts métrage dont un sera primé à plusieurs reprises. Bénabar écrit par ailleurs des sketches pour la série « H » de Canal+.
Sa désir de faire de la musique, il le découvre à 25 ans lorsqu'il écrit des textes pour un ami. Bénabar compose ses toutes premières chansons et se consacre alors entièrement à la composition musicale. Les cours de trompette sont loin et Bénabar se remet à la musique en autodidacte à l'aide de ses logiciels et de son piano. Bien qu'il n'avait pas pour projet initial de chanter ses titres, il se décide finalement à jouer de ses cordes vocales lorsqu'il prend part au duo « Patchol et Bénabar », deux noms de clown d'où vient son futur et célèbre pseudonyme.
Au cours des concerts du duo, Bénabar fait la connaissance du saxophoniste Denis Grare, de l'accordéoniste, trompettiste et tromboniste Vincent Schaeffer, du contrebassiste Stéphane Benveniste et du batteur Pascal Vignon avec qui il fonde « Bénabar et Associés » où Bruno se distingue au piano et au chant. En 1997, le groupe sort leur premier album, « La P'tite Monnaie » qui acquiert une petite renommée, notamment auprès de la critique. Mais le groupe fait surtout ses preuves sur scène, dans les nombreuses salles où ils se produisent.
Le groupe retourne ensuite en studio, rejoint par d'autres musiciens, notamment Stéphane Moufflier à la batterie, Florent Silve à la contrebasse et Alain Buisson à la guitare et au banjo, pour enregistrer un nouvel opus. « Bénabar » sort en 2001 et ses morceaux parfois très festifs, avec des orchestrations pleines de cuivres rappelant le cirque, parfois plus introspectifs, mais toujours portés par des textes drôles, malicieux et percutants, sont très vite acclamés par le public comme par les médias. Bénabar repart ensuite sur la route pour une tournée gigantesque et l'album devient disque d'or.
Dix huit mois plus tard, Bénabar enregistre au autre album, « Les risques du métier » avec notamment « Je suis de celles », un titre mélancolique et tendre qui séduit un public de plus en plus vaste. Le chanteur est alors nominé aux Victoires de la Musique 2003, et obtient l'année suivante le prix du meilleur album «chansons/variété ».
En 2004, Bénabar sort son premier album live, « Live au Grand Rex », puis il enregistre un troisième album en 2005 dans la même veine que ses deux opus précédents, « La Reprise des négociations ».
Parole de BENABAR
Quatre murs et un toit
Un terrain vague, de vagues clôtures, un couple divague sur la maison future. On s'endette pour trente ans, ce pavillon sera le nôtre, et celui de nos enfants corrige la femme enceinte. Les travaux sont finis, du moins le gros oeuvre, ça sent le plâtre et l'enduit et la poussière toute neuve.
Le plâtre et l'enduit et la poussière toute neuve.
Des ampoules à nu pendent des murs, du plafond, le bébé est né, il joue dans le salon. On ajoute à l'étage une chambre de plus, un petit frère est prévu pour l'automne. Dans le jardin les arbres aussi grandissent, on pourra y faire un jour une cabane.
On pourra y faire un jour une cabane.
Les enfants ont poussé, ils sont trois maintenant, on remplit sans se douter le grenier doucement. Le grand habite le garage pour être indépendant, la cabane, c'est dommage, est à l'abandon. Monsieur rêverait de creuser une cave à vins, Madame préfèrerait une deuxième salle de bain.
Ça sera une deuxième salle de bain.
Les enfants vont et viennent chargés de linge sale, ça devient un hôtel la maison familiale. On a fait un bureau dans la p'tite pièce d'en haut, et des chambres d'amis, les enfants sont partis. Ils ont quitté le nid sans le savoir vraiment, petit à petit, vêtement par vêtement.
Petit à petit, vêtement par vêtement.
Ils habitent à Paris des apparts sans espace, alors qu'ici il y'a trop de place. On va poser tu sais des stores électriques, c'est un peu laid c'est vrai, mais c'est plus pratique. La maison somnole comme un chat fatigué, dans son ventre ronronne la machine à laver.
Dans son ventre ronronne la machine à laver.
Les petits enfants espérés apparaissent, dans le frigo, on remet des glaces. La cabane du jardin trouve une deuxième jeunesse, c'est le consulat que rouvrent les gosses. Le grenier sans bataille livre ses trésors, ses panoplies de cow-boys aux petits ambassadeurs, qui colonisent pour la dernière fois la modeste terre promise, quatre murs et un toit. Cette maison est en vente comme vous le savez, je suis, je me présente, agent immobilier. Je dois vous prévenir si vous voulez l'acheter, je préfère vous le dire cette maison est hantée. Ne souriez pas Monsieur, n'ayez crainte Madame, c'est hanté c'est vrai mais de gentils fantômes. De monstres et de dragons que les gamins savent voir, de pleurs et de bagarres, et de copieux quatre-heures, "finis tes devoirs", "il est trop lourd mon cartable", "laisse tranquille ton frère", "les enfants : à table !".